jeudi 22 décembre 2011


Il est une histoire que tout le monde connait mais que personne ne veut entendre. La mienne en est un poids. Si. Lorsque je suis né, je boudais. Oui, rien ne m'attirait. Que dalle ! Sorti du ventre de ma mère, je chialais pour y revenir... Mais, surtout mon père, tout le monde y était contre. Les cons. Ils l'ont payés ces transgresseurs... J'ai gueulé comme un poivrot en manque ! Ah si ! Monsieur le Notaire... Ma jouissance s'est éteinte lorsque mon sexe croisa un sexe opposé... Il n'y eu plus rien autre que mon fils. La nuit s'éteignait comme une bougie, seule au fond de l'église... Le seigneur au-dessus. Et là, je stresse...

lundi 28 novembre 2011

Dernier romantisme...

Je me rappelle : Valenciennes. Seul, dans ma chambre, je me couchais pour la énième fois depuis des lustres à regarder un plafond blanc. J'allumais l'ordinateur, j'écoutais David Sylvian... comme ce soir... Je ne pensais plus à rien, je n'espérais plus rien. Dans ma solitude où parfois je pétais les plombs, où parfois je riais de mes pensées folles, où parfois je regardais le néant, je m'asseyais le regard vide, l'envie immobile, le désir éteint. Je prenais souvent le manteau pour me promener au bord du lac, dans les cris des canards, dans la houle du vent d'est, dans ce soleil blafard et sans issue. Je marchais, suivant la berge et son tracé, en m'inventant des scenarii de folies amoureuses et éternelles. Parfois, mon regard croisait une âme. Je la regardais à peine, ne la croyant plus. Je ne dirigeais plus rien, même l'envie d'être grand. Je ne caressais plus le dessein de vouloir être un homme. Je buvais religieusement face à l'écran qui ne me renvoyait que ma solitude. Pourtant, je n'étais pas triste. Un souffle, au fond de mes entrailles, laissait battre mon cœur. Je rentrais de moins en moins à Boulogne. Je voyais moins ma famille, mes parents, mes amis... Je n'avais plus besoin d'eux. Je m'enivrais de sens inutiles pour la morale sociale. Une léthargie incroyable et subtile orchestrait mes moindres idées jusqu'au fond de mes entrailles. Je n'avais plus peur. Je demeurais cet être de chair et de spontanéité juvénile qui avait l'art et la manière d'agacer les incongrus. Et j'en riais de bonheur, comme Angelo. Il m'arrivait, souvent, d'évacuer le flux de mes pensées inutiles dans les draps que ma logeuse me prêtait. Je m'en moquais. Point de honte ou de regret. Comme Saint Jérôme, je ne pensais plus aux plaisirs de la chair. Je les avais oublié. Et je n'en avais pas conscience. Je répétais mes gammes, entre les noires et les blanches... J'évanouissais mon esprit vers des immensités de tendresses, d'amour et d'essence, de voluptés languissantes, où même le démon et son funeste discours macabre ne prenait prise... Je regardais par la fenêtre, des démons s'enfuir là-haut... Je regardais la lune s'extasiait, se pâmait à la lueur de mon regard... La nuit, tout est magique et vain. Je m'allongeais sur mon lit, la musique s'endormait tel un feu de bois, je devais penser aux nuits longues que Dieu nous promet. Si des larmes devaient couler, c'était pour l'apothéose de sentiments enfouis. Je n'étais pas au quai d'une gare... Je n'étais nulle part. A voguer tel un fantôme, au-dessus des couettes blanches et réconfortantes, planant comme un naufrage, un Ulysse moderne sans Pénélope, je recherchais mon alcôve. Tu sais, celle qui se niche en haut des balustrades où les pigeons viennent se poser et nidifier. Et même si Mozart et son requiem jouait, même si Murray et ses batifolages riaient, même si mon destin s'annonçait, je savais que je voulais être un homme. Je commençais à composer. J'écrivais des paroles qui parlaient de toi. J'écrivais l'intention de te rencontrer. J'écrivais l'envie de te désirer. J'écrivais l'envie de te protéger... Je nourrissais ces désirs, je te voulais. Sensible au vent, comme la légèreté d'une feuille, je m'envolais. Je t'attendais et je t'aimais déjà...

samedi 12 novembre 2011

Rédemption





Je me pose à ma feuille
Sans désirs, sans orgueil
Je dessine l’horizon
De mon passé sans mention
De folies et décadences
J’inspire à mon crayon
La joie de la souffrance
L’esprit d’un grand pardon
Rejoindre les mutilés
Et leurs âmes damnées
Et quand tu me liras
Peut-être tu pleureras.



Je vis avec les mots
Qu’on qualifie de faux
Je rature mes idées
Je prie l’absurdité…
Prends-moi comme un roi
D’une terre qu’on ne veut pas
L’Histoire a toujours vaincu les fuyants !
Ne vois pas un perdant
Je vis comme pour sauver
La foi que j’ai mise dans cette âme de manant
Que mon père a bien fait de taire…


J’ai posé mon fusil
A l’ombre de l’oubli
Je ne sais plus rien ce soir
Dehors il fait tout noir
Comme un soldat fatigué
De ne plus pouvoir se coucher
Je reste assis devant ma pitance
En pensant à ton absence
Je regarde par le carreau
Mes démons s’enfuir là-haut
Mon Dieu je suis heureux
De croire au merveilleux.

samedi 1 octobre 2011

Tournevis !


Un jour, l'homme, au comble de la jouissance, créa l'outil. Si. Regardez la jubilation de l'intermittent du spectacle dans "2001 Odyssée de l'espace" lorsqu'il éclate la tête de son ennemi avec son os ! Il s'en pète le cul et les jambes ! Un véritable désastre ! Mais un bel outil ! Et oui...
Depuis, ça dure encore et encore. Des outils, l'homme en crée des millions. Dans des proportions de l'ordre de Caïn et Abel. On bute à tout vents. Et alors, on s'éprend. C'est beau hein ?
D'ailleurs l'humanité depuis ce temps mémorable, crée des outils en tout sens. Des couteaux. Des aiguilles. Des peaux tannées. Des châteaux forts. Des révolutions. Des parties. Des spectacles. Des clowns. Des intermittents du spectacle. Des professeurs en colères. Des Belges. Des traders. Des républiques. Des euros. Des godemichés. Des féministes. Des canards en plastique. Des bombes H. Des horreurs. Des conneries. Des merdes. Des chiens moches et cons. Des grands-mères qui puent. Des jeunes. Des gay-prides. Des voitures à vivre. Des croyants. Des incroyants. Des paumés. Et tout cela sert. Beaucoup.
J'utilise souvent l'outil. Pas plus tard qu'hier. J'étais nu devant la glace de ma salle de bain. Je regardais mon ventre. Il était rond et vide. Je prenais la posture d'un Lou Reed en me cambrant comme une salope en arrière, mais la tête et l'intention en avant (si vous suivez tant mieux). Je pris alors ma brosse à dent et je l'enfonçais dans ma bouche. Oui. Et je me brossais les dents. Ça moussait fort... Terrible. J'en avais plein la bouche, le palais, les muqueuses... Un festival... Magnifique.
Vive l'outil, mes fantômes ! On pourra pas s'en passer !

dimanche 11 septembre 2011

La pêche aux canards

Vous faites quoi, vous, le dimanche après-midi lorsque le soleil illumine le ciel et qu'il fait alors une température digne d'un mois d'août nordiste ? Vous vous promenez, tentez une timide baignade, dégustez une glace italienne en famille, ou encore buvez une petite bière en terrasse ? Oui ? Hein ? Bravo !
Moi, j'ai une toute autre activité. Très originale. Bien à moi... Je vais à la pêche aux canards. Si. Mais sans eaux et sans canards. Une vraie pêche à la con. Comme on en fait plus. Vous pigez rien ? C'est normal. Je m'en vais vous expliquez...
Tout d'abord, sachez mes chers fantômes, que je viens de déménager dans un bel appartement en quartier populaire peuplé de gens ordinaires, peu intéressants.., peu de tout en fait. Je fume souvent par la fenêtre, 'gognant' les individus et leurs petites habitudes. Sous la fenêtre, il y a un radiateur chauffé au gaz de ville. Ce radiateur est blanc et grand. Un radiateur donc... Lorsqu'un jour, pendant ma tradition quotidienne, je jetais un coup d’œil au hasard derrière ce radiateur. Donc entre le radiateur et le mur qui le tient. Vous suivez ? Bon. Je remarquais alors un tas de saloperie diverse mélangé de poussière, de cendres, de merdes ! Nom d'un homme me dis-je, c'est dégueulasse ! C'est vrai quoi ? Putain de crétin d'anciens locataires RMIstes ou prolo ! Barbares abjects ! Décadents du système ! Ignare des fées du logis ! Bonnet d'âne de Paic citron ! Fumier !
Bref, je décidais aujourd'hui de nettoyer l'insalubrité délaissée exprès. Cachée même. J'essayais alors de distinguer ce que pouvaient être ces différents objets. L'espace entre le mur et le radiateur étant très petit, je ne pouvais pas réellement reconnaître le bazar. Rapidement, j'entrevoyais une pelle à tarte noire, un jeu de cartes, deux briquets, une pelle de plage jaune, du tissu et surtout un nid à poussière. Piégé ! Diabolique ! "Mais comment dégager tout ce merdier ?" me dis-je. Ma main ne passait pas. Par-dessous, deux tuyaux de cuivres soutenaient la décharge. C'est alors que j'eus l'idée géniale de prendre un fil de fer rigide et de m'en servir comme une canne à pêche... Vous avez compris ? Ah, ah !
Je dégageais alors quantité d'objets incongrus et sales.
Liste :
Sept ou huit briquets
une soquette Dora
des cotillons rouges
des jouets nihilistes de Mac Donalds
deux pelles à tartes noires
une pelle jaune de plage (j'l'avais dit..)
une boite vide de jeu de cartes
un six de cœur
un playmobil enfant métisse
un téléphone portable samsung
divers objets non identifiables
un balai à poussière
une mini planche à roulette
une petite voiture (ça n'est pas une Majorette, désolé Greg..)
deux piles neuves sous blister
une souris en tissu
un réveil matin
une grosse bille
...
j'en ai oublié, j'avoue...

Toujours est-il qu'après deux heures de remue-ménage intempestif et de décibels d'aspirateur "Miele", j'en eus terminé de ce nettoyage hystérique de radiateur blanc à la con !

Franchement, quitte à choisir, je préfère regarder mon fils s'éclater à attraper des canards jaunes dans un bac d'eau forain plutôt qu'à nettoyer le brun de connards 'zone' en quartier populo urbain !

vendredi 9 septembre 2011

La Rupture


Je ne sais plus pourquoi, un jour, je me suis dirigé vers toi. J'étais assis à regarder le monde tout autour; tu t'étais mise devant moi. Je vivais depuis longtemps avec l'image d'une solitude à briser, de temps à donner, de plaisirs à partager. Je n'avais pas compris que j'étais heureux. Les "modèles" sociaux de cette funeste époque avaient réussi à pervertir l'idéal vers une reconversion. Je connaissais déjà le prix excessif de me lancer dans cette voie. Étrange et pathétique, je m'engageais.
L'histoire nous a conduit vers des joies nocturnes faites de sang et d'éclat. Du regard innocent, timide mais inquisiteur, nous allâmes gravir une pente sans sommet. Nous le savions. Nous savions aussi que nous dégringolerions, en arrière... Que la raide courbe serait pénible et infranchissable... Nous avons quand même conçu. Et alors, de sentir naître au fond de la tripe, un terrible sentiment de fierté d'avoir pêché. La faiblesse humaine est magnifique et dévastatrice. La Bible nous le raconte depuis si longtemps... et on ne la lit pas.
On a continué à vivre la bêtise, comme des enfants irresponsable. Puis, tu t'es tu. Alors, lentement, doucement, comme une chrysalide qui se construit, qui va sortir, comme une réaction chimique où tout les atomes, ces petits ronds insignifiants mais qui font tout, se rassemblent, s'assemblent pour l'explosion finale, alors, tu te réveillais. Et de reconnaître ce que ton cœur hurlait depuis des jours, des mois, des années : c'était la mauvaise pente... Je restais dans l'ombre de la reconnaissance cruelle. Je préférais me tenir debout face à mon paysage sirotant tranquillement mes doux alcools, opium des opprimés et des trahis. Notre bipède encéphale, témoin observateur, éponge des non-dits, des embarras, victime passive des jeux interdits, silencieux petit être , avait lui aussi tout compris... Je fus invité en toute violence à prendre l'exil. Face à ma rigidité d'homme contemplant le funeste charnier impitoyable qu'il avait fomenté sans précautions aucunes, femme que tu es, tu forças la courbe à la droite. Toute seule... Et alors de vouloir m'ouvrir les yeux, de projeter la lumière sur la cécité. Je résistais bien sûr, mais finis par m'incliner. Je me devais de relier l'esprit au cœur...
Je réalise alors oh combien tu étais succube, non par méchanceté mais par désir maladif. Mes doigts, mon ventre, mon nez, mes yeux avaient été, tout comme l'esprit, sucé à la moelle, à l'os. Je n'ai su résister aux charmes envoutants des grâces délicates des courbes du corps. Ais-je eu tort ? Oui et je l'ai su dès que je posais la main sur toi...
Aujourd'hui, dans la fumée de la cigarette, le nez au vent du Nord, les yeux posés sur la mer, la main tenant l'enfant, je rêve de ma liberté toute acquise. Comme une mauvaise nuit, longue comme un cauchemar, je souris de nouveau à la divine lumière. Sans grimaces, sans intérêts, sans désirs, sans folies... avec juste le calme d'une brise légère soufflant sur une mer douce aux premiers jours chauds d'un printemps.
Je suis à quelques pas du précipice et je te regarde, enroulant notre liaison au-dessus de toi pour reprendre ce qui t'appartient, t'en retourner dans un sens opposé sans jamais regretter. Le vide tout autour et ses nuances grisâtres appellent au silence profond et respectueux. Dans l'espace, il n'y a que la lumière qui voyage. Pas un son, pas une odeur, pas une émotion. Juste des rayons... blancs et étincelants... dans tout les sens.