
Je ne sais plus pourquoi, un jour, je me suis dirigé vers toi. J'étais assis à regarder le monde tout autour; tu t'étais mise devant moi. Je vivais depuis longtemps avec l'image d'une solitude à briser, de temps à donner, de plaisirs à partager. Je n'avais pas compris que j'étais heureux. Les "modèles" sociaux de cette funeste époque avaient réussi à pervertir l'idéal vers une reconversion. Je connaissais déjà le prix excessif de me lancer dans cette voie. Étrange et pathétique, je m'engageais.
L'histoire nous a conduit vers des joies nocturnes faites de sang et d'éclat. Du regard innocent, timide mais inquisiteur, nous allâmes gravir une pente sans sommet. Nous le savions. Nous savions aussi que nous dégringolerions, en arrière... Que la raide courbe serait pénible et infranchissable... Nous avons quand même conçu. Et alors, de sentir naître au fond de la tripe, un terrible sentiment de fierté d'avoir pêché. La faiblesse humaine est magnifique et dévastatrice. La Bible nous le raconte depuis si longtemps... et on ne la lit pas.
On a continué à vivre la bêtise, comme des enfants irresponsable. Puis, tu t'es tu. Alors, lentement, doucement, comme une chrysalide qui se construit, qui va sortir, comme une réaction chimique où tout les atomes, ces petits ronds insignifiants mais qui font tout, se rassemblent, s'assemblent pour l'explosion finale, alors, tu te réveillais. Et de reconnaître ce que ton cœur hurlait depuis des jours, des mois, des années : c'était la mauvaise pente... Je restais dans l'ombre de la reconnaissance cruelle. Je préférais me tenir debout face à mon paysage sirotant tranquillement mes doux alcools, opium des opprimés et des trahis. Notre bipède encéphale, témoin observateur, éponge des non-dits, des embarras, victime passive des jeux interdits, silencieux petit être , avait lui aussi tout compris... Je fus invité en toute violence à prendre l'exil. Face à ma rigidité d'homme contemplant le funeste charnier impitoyable qu'il avait fomenté sans précautions aucunes, femme que tu es, tu forças la courbe à la droite. Toute seule... Et alors de vouloir m'ouvrir les yeux, de projeter la lumière sur la cécité. Je résistais bien sûr, mais finis par m'incliner. Je me devais de relier l'esprit au cœur...
Je réalise alors oh combien tu étais succube, non par méchanceté mais par désir maladif. Mes doigts, mon ventre, mon nez, mes yeux avaient été, tout comme l'esprit, sucé à la moelle, à l'os. Je n'ai su résister aux charmes envoutants des grâces délicates des courbes du corps. Ais-je eu tort ? Oui et je l'ai su dès que je posais la main sur toi...
Aujourd'hui, dans la fumée de la cigarette, le nez au vent du Nord, les yeux posés sur la mer, la main tenant l'enfant, je rêve de ma liberté toute acquise. Comme une mauvaise nuit, longue comme un cauchemar, je souris de nouveau à la divine lumière. Sans grimaces, sans intérêts, sans désirs, sans folies... avec juste le calme d'une brise légère soufflant sur une mer douce aux premiers jours chauds d'un printemps.
Je suis à quelques pas du précipice et je te regarde, enroulant notre liaison au-dessus de toi pour reprendre ce qui t'appartient, t'en retourner dans un sens opposé sans jamais regretter. Le vide tout autour et ses nuances grisâtres appellent au silence profond et respectueux. Dans l'espace, il n'y a que la lumière qui voyage. Pas un son, pas une odeur, pas une émotion. Juste des rayons... blancs et étincelants... dans tout les sens.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire