
Je me promenais, seul, avec mon chien. Sur un chemin déconfit par la notoriété ; je regardais les usagers de passage. Leurs mesquineries, leurs tortures pittoresques, leurs malignités toutes défendues, mes envies terribles de les supprimer de mon paysage, de ma pensée, la bien belle, celle qu'on oublie bien souvent... Mon chien venait de débusquer un lapin. Il fut gobé très vite et sans souffrance. En toute hygiène, rassurez vous. Mon chien est un chien mais il n'existe pas. Tout comme mon chemin. Mais le décor, funeste et véritable, est vrai. Aussi vrai que je vous écris, mes chers fantômes. Tout au bout de mon chemin, il existe une porte. Lorsqu'on l'ouvre, une lumière étincelante et sensible apparait et vous enveloppe, et vous prend. A jamais. "Tu es fou ! N'ouvre pas ! " Qu'elle vous dirait, comme ça... Mais tu sais, petite, ma vie ne compte pas pour tout ça, je ne suis pas là. Je n'existe pas. Comme mon chien. Ma vie n'existe que dans l'artifice de vouloir exister. En clair, je suis mort et tu ne le sais pas, mais tu le vois ! Mes griseries, mes sans-histoires, mes colères, mes désirs charnels... Comment veux-tu que je disparaisse, alors que je suis déjà tout au bout du monde...

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