Je pensais juste me coucher dans l'herbe pour ne plus penser à toi. Sur le côté, avec ma douleur, je me retrouvais dans le dormeur ou l'étranger, à regarder les nuages, les merveilleux nuages, qui passent...Mon cœur arrêté, mon temps fini. Que cela changerait-il pour toi ? Mes tripes ne sonneraient plus la chamade inquiétante du pourquoi omniprésent, existentiel... Il n'en serait que mieux pour nos pauvres consciences délicates et peu ordonnées. Mais tu resterais coincé. Coincé de ne pouvoir attaquer qui que ce soit ! Ton fils ? Juste un moment. Et puis ? hein ? le néant. Juste ce qu'il te fait peur. La putréfaction des nobles sentiments pour toutes récompenses. Le nihilisme absolu...
Allongé dans l'herbe, je contemplerais les onze mille verges. Dressées comme une farandole antisociale, je les bénirais une à une. Plus aucunes ne me surprendraient, je resterais de marbre et d'acier, trempé ; l'eau étant une folie rédemptrice. Au milieu des fleurs aux senteurs dégueulasses, je pleurerais ton absence, ton inconscience. Seul Dieu, ce magnifique, m'appellera de tout ses vœux pour me sauver. Et son jugement, le dernier en ce cas, me dira de ne plus me cacher. J'ai tant fui ma mère, mes sœurs, mes amies, mes putes, mes femmes, qu'il est enfin temps d'exister. De bien des guerres, je ne sais plus quoi rêver. Alors, au bout du temps, loin dans l'inconscience humaine et animale, je bannirai. Toutes ces étoiles, ces couleurs, ces propos, ces idées. Je serais mort. Et putréfié... Comme une ordure.
J'ai aimé la lumière, romantique et vaine. Toutes les succubes autour de mon corps suçant les restes de mes semences amoureuses, telle des trainées... Je t'ai aimé, toujours. Mais la gamme d'ut se termine, et les blanches se fourvoient en tonalité obscure et essoufflée. Le vent du nord est une bouffée... Imagine les vagues, et l'écume...!
Je reste seul dans mon pré, les papillons au-dessus, mon sang nourrissant les dernières racines, je meurs. Mais ça n'est pas bien triste.

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