jeudi 22 juillet 2010

Noir et blanc


Tu sais... ? j'ai jamais aimé les chiens. Toutes ces crottes qui trainent sur les trottoirs, auprès des réverbères, des caniveaux, des marches... Des noires, des jaunes, des baveuses, des dures... Tout ça se mêlant aux gris des villes, aux fenêtres tamisées par de pauvres rideaux tristes et jaunies par le temps... Des journées pluvieuses, des nuages gris sans étincelles, sans pudeur, traînant leur lente lourdeur au-dessus de nos têtes, des toits qui ruissellent...
Tu sais...? tout ces souliers qui s'en vont et reviennent au mêmes endroits... Des têtes abruties par un travail titanesque sans odeur, sans saveur ; des mains inutiles... Ils se remémorent leur enfance avec papa et maman, avec les couleurs, le vent frais d'un printemps en plein hiver, les joues rosies par la neige du mois d'août, l'odeur de la terre goutée, les feuilles tombant desséchées sur un sol boueux ; l'enfant qui s'en allait...
Tu sais...? ce souvenir terrible où des avions lancaient leurs œuvres de feux ! Abolissant toutes folies réfléchies, ils fonçaient. Ils enduisaient les murs de souffrances de noirs, de gris, de jaunes brulés... Les yeux éclatés, les bouches bavaient, l'esprit bouillonnait, les tripes puaient... Et puis, on reconstruisait. Tout. Mais à l'envers...
Tu sais...? les femmes, elles m'ont aimé. En passage...
Tu sais...? ces poils collés sur mes pantalons... Ce poil gris...

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