lundi 9 février 2015

Salut...

Il m'en aura fallu du temps pour en arriver là, juste là, comme ça, à vous réécrire... Des années à ramer, à suivre la pente tourmentée des événements imbéciles qui se parsèment nonchalamment sur le sentier de mon existence puérile. J'ai beau suivre la lumière qu'on me tend - ce 'on' définit tout les arrogants qui m'entourent, de mon banquier  à l’échalote qu'est ma mère, en passant par les amis (qui se définissent ainsi lorsqu'ils me parlent) et les chimpanzés tout autour qui, comme des charognards, des hyènes en fait, viennent tout simplement m'emmerder ; c'est aussi mes voisins et, vous, chers lecteurs - cette lumière donc qui se tenaille au bout de mon regard sombre et rieur, triste et parfumé, sobre et menteur, comme les yeux graves d'un président face à la caméra, c'est-à-dire, face aux milliers d'autres regards scrutant les failles du mensonge à baver, je me sens comme à la traîne, je me sens comme inutile, je me sens comme trop facile, je me sens pas là. 
D'ailleurs, c'est drôle. Je réalise que je suis crédible avec autrui le temps d'un entretien (professionnel ou amical ou encore banal, dans le métro) sur des sujets divers et variés, énonçant la société, la famille, les petits enfants, le parti socialiste ou le musée Grévin et les Catacombes... voire les rencontres tectoniques des continents. En somme, un sacré fatras de savoirs bancals et imparfaits juste pour causer, vivre un instant futile dans les oreilles d'un aborigène à poils longs (les femmes étant mon meilleur public). Je reconnais aussi que j'ai des oreilles surprenantes, tel Harbor (un chien). Mais elle est là ma tristesse. Je me sens seul comme il n'est pas permis d'être. Et je ne m'ennuie pas. Du tout. C'est la tête (je n'ai pas l'excuse de la brique de Céline) et mes croyances. Et comment retrouver la joie ? La simple joie comme quand je ne savais rien de ce monde. Il y a si peu... 

lundi 1 juillet 2013

Qu'est-ce qu'un objet ?

Je réfléchis. Je crois comprendre la solitude. Elle n'est pas celle que l'on croit. Je ne pense pas que ce soit le fait d'être seul car on est jamais seul. Beaucoup d'oreilles existent autour de nous. Non.

La solitude, c'est lorsque mon fils réclame sa mère lors d'un relais. Il ne comprend pas pourquoi il doit venir chez papa alors qu'il est bien chez maman. Mais maman le conduit quand même chez papa. Et papa l'accueille avec plein de joie et d'amour. Et il répond à cela. Positivement. Mais il ne comprend pas. Le soir, au coucher, il pleure. De tristesse. Papa à ses côtés, il me demande pourquoi il est là. Et je ne sais quoi répondre. J'ai beau lui expliquer la vie qu'il doit mener, qu'il doit affronter, la vie qui va maintenant le construire, il pleure. Et ne comprend pas. Puis, au bout d'une heure, il s'endort, d'épuisement. Je m'en vais alors, après un baiser de tendresse, boire. 
Et alors de comprendre la solitude. 

J'appelle ma sœur car j'ai besoin de parler, d'hurler, de crier ! Elle m'écoute, tente de me rassurer par sa présence pour son neveu lorsque je serais ailleurs, mais elle doit bouffer. On raccroche. J'appelle une copine, je cause un peu au répondeur. Je n'ai plus faim. 
Demain, j'ai une audience avec le juge des enfants où je devrais défendre une jeune fille contre ses cons de parents, contre la vie qu'elle mène. Demain, je serais seul, ma collègue me fait confiance. Elle a un emploi du temps de ministre. Elle sait que je ne la décevrai pas. Je suis donc seul.

La solitude c'est finalement une envie de gueuler mais que tu tais au fond de toi car personne ne t'écoute. Personne ne comprend. Tout le monde s'en fout. Même un sourd muet. 
Mon fils est seul dans sa douleur. Malgré mes soins, mes attentions, mes écoutes, ceux de sa mère, il reste seul. Et il pleure. 
Moi aussi, je suis seul. Ce sentiment est terrible lorsque tu comprends que tu préfères te taire que d'être écouté. La solitude, c'est lorsque tu réalises que les autres n'existent pas. Qu'ils n'ont jamais existé. Ainsi, je suis peut-être déjà mort. Pour mon fils, en tout cas.

La solitude est donc le miroir de ta propre mort. Sauf que t'es vivant... 

samedi 16 juin 2012

La pause idéale

Je reviens. Je suis revenu. Et je vous emmerde mes chers fantômes. Je n'ai pas beaucoup changé. Non. Et vous non plus d'ailleurs... Pas de honte. Pas de discours. Rien. Il ne s'est réellement rien vraiment de passé ces derniers temps... Que des emmerdes. Un moteur cassé, un dos ruiné, un jugement gagné, une femme rencontrée... 
J'ai marqué une pause. Une simple pause... Comme ça... juste pour l'oblonde...  Et puis... 
Ah oui... Un nouveau président ! Poil au dent ! De nouvelles guerres ! Poil aux mystères ! De nouveaux cancres ! Poil aux ancres ! De nouveaux fils de putes ! Poil aux futes !

 Bof... Ce soir je reviens sur ma pause... Je n'ai rien à écrire... Peut-être que si en fait. La culture se délite toujours et encore... Des concerts de merde à foison, des intellos partout, des femmes gueulant à tout vent, des pédés, le cul bien foutu ! Je m'ennuie... Et toi ? Petite ordure ? Tu es ou ?! Hein ?! Salope !
Je repense au "putricule  informe" de Céline... On est toujours dans la danse. Les mêmes enjôleuses et leurs corps impures ! Les mêmes satanismes obscurantistes de l'avenir ! Leurs conneries ! Merde ! Ta mère, elle sait tout ça ?! Non ?! La cochonne...!
Tout est trop pudique aujourd'hui et tellement relaté... Là. Et là aussi. Tas d'immondice chloroformée... Je me sens transbahuté  de gauche à droite, comme un naufragé de la "poche de Dunkerque" ou du "Radeau de la Méduse" ! Vous m'êtes tellement salopards ! T'en es fier pédé ?! Dégage !
 Ah ! Si Charles avait eu raison sur son étranger... Et ses nuages...

jeudi 22 décembre 2011


Il est une histoire que tout le monde connait mais que personne ne veut entendre. La mienne en est un poids. Si. Lorsque je suis né, je boudais. Oui, rien ne m'attirait. Que dalle ! Sorti du ventre de ma mère, je chialais pour y revenir... Mais, surtout mon père, tout le monde y était contre. Les cons. Ils l'ont payés ces transgresseurs... J'ai gueulé comme un poivrot en manque ! Ah si ! Monsieur le Notaire... Ma jouissance s'est éteinte lorsque mon sexe croisa un sexe opposé... Il n'y eu plus rien autre que mon fils. La nuit s'éteignait comme une bougie, seule au fond de l'église... Le seigneur au-dessus. Et là, je stresse...

lundi 28 novembre 2011

Dernier romantisme...

Je me rappelle : Valenciennes. Seul, dans ma chambre, je me couchais pour la énième fois depuis des lustres à regarder un plafond blanc. J'allumais l'ordinateur, j'écoutais David Sylvian... comme ce soir... Je ne pensais plus à rien, je n'espérais plus rien. Dans ma solitude où parfois je pétais les plombs, où parfois je riais de mes pensées folles, où parfois je regardais le néant, je m'asseyais le regard vide, l'envie immobile, le désir éteint. Je prenais souvent le manteau pour me promener au bord du lac, dans les cris des canards, dans la houle du vent d'est, dans ce soleil blafard et sans issue. Je marchais, suivant la berge et son tracé, en m'inventant des scenarii de folies amoureuses et éternelles. Parfois, mon regard croisait une âme. Je la regardais à peine, ne la croyant plus. Je ne dirigeais plus rien, même l'envie d'être grand. Je ne caressais plus le dessein de vouloir être un homme. Je buvais religieusement face à l'écran qui ne me renvoyait que ma solitude. Pourtant, je n'étais pas triste. Un souffle, au fond de mes entrailles, laissait battre mon cœur. Je rentrais de moins en moins à Boulogne. Je voyais moins ma famille, mes parents, mes amis... Je n'avais plus besoin d'eux. Je m'enivrais de sens inutiles pour la morale sociale. Une léthargie incroyable et subtile orchestrait mes moindres idées jusqu'au fond de mes entrailles. Je n'avais plus peur. Je demeurais cet être de chair et de spontanéité juvénile qui avait l'art et la manière d'agacer les incongrus. Et j'en riais de bonheur, comme Angelo. Il m'arrivait, souvent, d'évacuer le flux de mes pensées inutiles dans les draps que ma logeuse me prêtait. Je m'en moquais. Point de honte ou de regret. Comme Saint Jérôme, je ne pensais plus aux plaisirs de la chair. Je les avais oublié. Et je n'en avais pas conscience. Je répétais mes gammes, entre les noires et les blanches... J'évanouissais mon esprit vers des immensités de tendresses, d'amour et d'essence, de voluptés languissantes, où même le démon et son funeste discours macabre ne prenait prise... Je regardais par la fenêtre, des démons s'enfuir là-haut... Je regardais la lune s'extasiait, se pâmait à la lueur de mon regard... La nuit, tout est magique et vain. Je m'allongeais sur mon lit, la musique s'endormait tel un feu de bois, je devais penser aux nuits longues que Dieu nous promet. Si des larmes devaient couler, c'était pour l'apothéose de sentiments enfouis. Je n'étais pas au quai d'une gare... Je n'étais nulle part. A voguer tel un fantôme, au-dessus des couettes blanches et réconfortantes, planant comme un naufrage, un Ulysse moderne sans Pénélope, je recherchais mon alcôve. Tu sais, celle qui se niche en haut des balustrades où les pigeons viennent se poser et nidifier. Et même si Mozart et son requiem jouait, même si Murray et ses batifolages riaient, même si mon destin s'annonçait, je savais que je voulais être un homme. Je commençais à composer. J'écrivais des paroles qui parlaient de toi. J'écrivais l'intention de te rencontrer. J'écrivais l'envie de te désirer. J'écrivais l'envie de te protéger... Je nourrissais ces désirs, je te voulais. Sensible au vent, comme la légèreté d'une feuille, je m'envolais. Je t'attendais et je t'aimais déjà...

samedi 12 novembre 2011

Rédemption





Je me pose à ma feuille
Sans désirs, sans orgueil
Je dessine l’horizon
De mon passé sans mention
De folies et décadences
J’inspire à mon crayon
La joie de la souffrance
L’esprit d’un grand pardon
Rejoindre les mutilés
Et leurs âmes damnées
Et quand tu me liras
Peut-être tu pleureras.



Je vis avec les mots
Qu’on qualifie de faux
Je rature mes idées
Je prie l’absurdité…
Prends-moi comme un roi
D’une terre qu’on ne veut pas
L’Histoire a toujours vaincu les fuyants !
Ne vois pas un perdant
Je vis comme pour sauver
La foi que j’ai mise dans cette âme de manant
Que mon père a bien fait de taire…


J’ai posé mon fusil
A l’ombre de l’oubli
Je ne sais plus rien ce soir
Dehors il fait tout noir
Comme un soldat fatigué
De ne plus pouvoir se coucher
Je reste assis devant ma pitance
En pensant à ton absence
Je regarde par le carreau
Mes démons s’enfuir là-haut
Mon Dieu je suis heureux
De croire au merveilleux.

samedi 1 octobre 2011

Tournevis !


Un jour, l'homme, au comble de la jouissance, créa l'outil. Si. Regardez la jubilation de l'intermittent du spectacle dans "2001 Odyssée de l'espace" lorsqu'il éclate la tête de son ennemi avec son os ! Il s'en pète le cul et les jambes ! Un véritable désastre ! Mais un bel outil ! Et oui...
Depuis, ça dure encore et encore. Des outils, l'homme en crée des millions. Dans des proportions de l'ordre de Caïn et Abel. On bute à tout vents. Et alors, on s'éprend. C'est beau hein ?
D'ailleurs l'humanité depuis ce temps mémorable, crée des outils en tout sens. Des couteaux. Des aiguilles. Des peaux tannées. Des châteaux forts. Des révolutions. Des parties. Des spectacles. Des clowns. Des intermittents du spectacle. Des professeurs en colères. Des Belges. Des traders. Des républiques. Des euros. Des godemichés. Des féministes. Des canards en plastique. Des bombes H. Des horreurs. Des conneries. Des merdes. Des chiens moches et cons. Des grands-mères qui puent. Des jeunes. Des gay-prides. Des voitures à vivre. Des croyants. Des incroyants. Des paumés. Et tout cela sert. Beaucoup.
J'utilise souvent l'outil. Pas plus tard qu'hier. J'étais nu devant la glace de ma salle de bain. Je regardais mon ventre. Il était rond et vide. Je prenais la posture d'un Lou Reed en me cambrant comme une salope en arrière, mais la tête et l'intention en avant (si vous suivez tant mieux). Je pris alors ma brosse à dent et je l'enfonçais dans ma bouche. Oui. Et je me brossais les dents. Ça moussait fort... Terrible. J'en avais plein la bouche, le palais, les muqueuses... Un festival... Magnifique.
Vive l'outil, mes fantômes ! On pourra pas s'en passer !