lundi 16 août 2010

Le Temps m'a arrêté...


C'est très curieux mais j'ai une bien belle impression depuis quelques années, une idée qui me trotte dans la tête, comme un étrange souvenir d'une très belle fille, par exemple... Je réécoute un album de King Crimson que j'apprécie beaucoup. Les paroles au sens quinquagénaire, la musique ciselée, précise et un tantinet, sur quelques morceaux, mélancolique, la folie noire, la rage plutôt, de certains jours maussades quant à ce qu'il nous entoure, bref la vie banale réfléchie... Lorsque j'achetai cet album britannique en 1995, je fus aussitôt conquis. Les airs m'avaient eu. Mais ce que je savais pas, c'est que plus de dix ans après, la magie relative de cet environnement musical m'envoutait tout autant et le plus surprenant c'est que la notion de vieillissement n'existait pas. Alors ? Alors ? Et bien c'est que mon temps s'est arrêté. Ou du moins qu'il m'a arrêté. Stoppé net ! Comme un canard en plein vol ! Pan ! Boum ! C'est beau, hein ? Je m'aperçois donc que je n'ai pas changé et que je n'ai pas envie de changer. Mes idées sont toujours les mêmes. Mes goûts se sont enrichis, c'est tout. Mon poids est encore le même. Il faut décidément que j'accepte d'être éternel jusqu'à la fin. Hé, hé... ça vous emmerde ?
- Quel con celui-là que tu vas te dire ! Sale gosse !
Si tu veux morpion ! mais moi, j'ai de l'avance et tout mon temps... Très long... Très grand...

samedi 7 août 2010

Ce que le temps ne voudrait point...

Comme resté attaché, suspendu à un vol, mon temps se pourfend de n'être rien. Ah ! combien de reproches pouvez-vous me renvoyer, sublimes ! Je ne sais naviguer qu'en eaux troubles, au clair de la lune, seul, dans mon environnement, peuplé de fous et de candeurs artificielles.Te voudrais-tu sauveur, petit anarchiste ? Quand bien même tu me voudrais sauvé et vendu ! Ah ! ce temps maudit que l'on bénit à coup de tam-tam et de publicité vociférante... Comme on voudrait me voir utile, stupide dans ma fonction, banal dans ma vie ; caricature de ce temps mort et oubliable.
Et oui, je me sens avec fierté à côté d'une plaque, de la plaque signalétique de vos vies bestiales. Et ça me fait plaisir... J'en souffre assurément, car on me fait payer le prix, dans mon foyer aussi, dans les parlers inutiles, futiles des rencontres amicales, faciles, donc gratuites...

jeudi 5 août 2010

Mon amour...

Je pensais juste me coucher dans l'herbe pour ne plus penser à toi. Sur le côté, avec ma douleur, je me retrouvais dans le dormeur ou l'étranger, à regarder les nuages, les merveilleux nuages, qui passent...
Mon cœur arrêté, mon temps fini. Que cela changerait-il pour toi ? Mes tripes ne sonneraient plus la chamade inquiétante du pourquoi omniprésent, existentiel... Il n'en serait que mieux pour nos pauvres consciences délicates et peu ordonnées. Mais tu resterais coincé. Coincé de ne pouvoir attaquer qui que ce soit ! Ton fils ? Juste un moment. Et puis ? hein ? le néant. Juste ce qu'il te fait peur. La putréfaction des nobles sentiments pour toutes récompenses. Le nihilisme absolu...
Allongé dans l'herbe, je contemplerais les onze mille verges. Dressées comme une farandole antisociale, je les bénirais une à une. Plus aucunes ne me surprendraient, je resterais de marbre et d'acier, trempé ; l'eau étant une folie rédemptrice. Au milieu des fleurs aux senteurs dégueulasses, je pleurerais ton absence, ton inconscience. Seul Dieu, ce magnifique, m'appellera de tout ses vœux pour me sauver. Et son jugement, le dernier en ce cas, me dira de ne plus me cacher. J'ai tant fui ma mère, mes sœurs, mes amies, mes putes, mes femmes, qu'il est enfin temps d'exister. De bien des guerres, je ne sais plus quoi rêver. Alors, au bout du temps, loin dans l'inconscience humaine et animale, je bannirai. Toutes ces étoiles, ces couleurs, ces propos, ces idées. Je serais mort. Et putréfié... Comme une ordure.
J'ai aimé la lumière, romantique et vaine. Toutes les succubes autour de mon corps suçant les restes de mes semences amoureuses, telle des trainées... Je t'ai aimé, toujours. Mais la gamme d'ut se termine, et les blanches se fourvoient en tonalité obscure et essoufflée. Le vent du nord est une bouffée... Imagine les vagues, et l'écume...!
Je reste seul dans mon pré, les papillons au-dessus, mon sang nourrissant les dernières racines, je meurs. Mais ça n'est pas bien triste.