dimanche 11 septembre 2011

La pêche aux canards

Vous faites quoi, vous, le dimanche après-midi lorsque le soleil illumine le ciel et qu'il fait alors une température digne d'un mois d'août nordiste ? Vous vous promenez, tentez une timide baignade, dégustez une glace italienne en famille, ou encore buvez une petite bière en terrasse ? Oui ? Hein ? Bravo !
Moi, j'ai une toute autre activité. Très originale. Bien à moi... Je vais à la pêche aux canards. Si. Mais sans eaux et sans canards. Une vraie pêche à la con. Comme on en fait plus. Vous pigez rien ? C'est normal. Je m'en vais vous expliquez...
Tout d'abord, sachez mes chers fantômes, que je viens de déménager dans un bel appartement en quartier populaire peuplé de gens ordinaires, peu intéressants.., peu de tout en fait. Je fume souvent par la fenêtre, 'gognant' les individus et leurs petites habitudes. Sous la fenêtre, il y a un radiateur chauffé au gaz de ville. Ce radiateur est blanc et grand. Un radiateur donc... Lorsqu'un jour, pendant ma tradition quotidienne, je jetais un coup d’œil au hasard derrière ce radiateur. Donc entre le radiateur et le mur qui le tient. Vous suivez ? Bon. Je remarquais alors un tas de saloperie diverse mélangé de poussière, de cendres, de merdes ! Nom d'un homme me dis-je, c'est dégueulasse ! C'est vrai quoi ? Putain de crétin d'anciens locataires RMIstes ou prolo ! Barbares abjects ! Décadents du système ! Ignare des fées du logis ! Bonnet d'âne de Paic citron ! Fumier !
Bref, je décidais aujourd'hui de nettoyer l'insalubrité délaissée exprès. Cachée même. J'essayais alors de distinguer ce que pouvaient être ces différents objets. L'espace entre le mur et le radiateur étant très petit, je ne pouvais pas réellement reconnaître le bazar. Rapidement, j'entrevoyais une pelle à tarte noire, un jeu de cartes, deux briquets, une pelle de plage jaune, du tissu et surtout un nid à poussière. Piégé ! Diabolique ! "Mais comment dégager tout ce merdier ?" me dis-je. Ma main ne passait pas. Par-dessous, deux tuyaux de cuivres soutenaient la décharge. C'est alors que j'eus l'idée géniale de prendre un fil de fer rigide et de m'en servir comme une canne à pêche... Vous avez compris ? Ah, ah !
Je dégageais alors quantité d'objets incongrus et sales.
Liste :
Sept ou huit briquets
une soquette Dora
des cotillons rouges
des jouets nihilistes de Mac Donalds
deux pelles à tartes noires
une pelle jaune de plage (j'l'avais dit..)
une boite vide de jeu de cartes
un six de cœur
un playmobil enfant métisse
un téléphone portable samsung
divers objets non identifiables
un balai à poussière
une mini planche à roulette
une petite voiture (ça n'est pas une Majorette, désolé Greg..)
deux piles neuves sous blister
une souris en tissu
un réveil matin
une grosse bille
...
j'en ai oublié, j'avoue...

Toujours est-il qu'après deux heures de remue-ménage intempestif et de décibels d'aspirateur "Miele", j'en eus terminé de ce nettoyage hystérique de radiateur blanc à la con !

Franchement, quitte à choisir, je préfère regarder mon fils s'éclater à attraper des canards jaunes dans un bac d'eau forain plutôt qu'à nettoyer le brun de connards 'zone' en quartier populo urbain !

vendredi 9 septembre 2011

La Rupture


Je ne sais plus pourquoi, un jour, je me suis dirigé vers toi. J'étais assis à regarder le monde tout autour; tu t'étais mise devant moi. Je vivais depuis longtemps avec l'image d'une solitude à briser, de temps à donner, de plaisirs à partager. Je n'avais pas compris que j'étais heureux. Les "modèles" sociaux de cette funeste époque avaient réussi à pervertir l'idéal vers une reconversion. Je connaissais déjà le prix excessif de me lancer dans cette voie. Étrange et pathétique, je m'engageais.
L'histoire nous a conduit vers des joies nocturnes faites de sang et d'éclat. Du regard innocent, timide mais inquisiteur, nous allâmes gravir une pente sans sommet. Nous le savions. Nous savions aussi que nous dégringolerions, en arrière... Que la raide courbe serait pénible et infranchissable... Nous avons quand même conçu. Et alors, de sentir naître au fond de la tripe, un terrible sentiment de fierté d'avoir pêché. La faiblesse humaine est magnifique et dévastatrice. La Bible nous le raconte depuis si longtemps... et on ne la lit pas.
On a continué à vivre la bêtise, comme des enfants irresponsable. Puis, tu t'es tu. Alors, lentement, doucement, comme une chrysalide qui se construit, qui va sortir, comme une réaction chimique où tout les atomes, ces petits ronds insignifiants mais qui font tout, se rassemblent, s'assemblent pour l'explosion finale, alors, tu te réveillais. Et de reconnaître ce que ton cœur hurlait depuis des jours, des mois, des années : c'était la mauvaise pente... Je restais dans l'ombre de la reconnaissance cruelle. Je préférais me tenir debout face à mon paysage sirotant tranquillement mes doux alcools, opium des opprimés et des trahis. Notre bipède encéphale, témoin observateur, éponge des non-dits, des embarras, victime passive des jeux interdits, silencieux petit être , avait lui aussi tout compris... Je fus invité en toute violence à prendre l'exil. Face à ma rigidité d'homme contemplant le funeste charnier impitoyable qu'il avait fomenté sans précautions aucunes, femme que tu es, tu forças la courbe à la droite. Toute seule... Et alors de vouloir m'ouvrir les yeux, de projeter la lumière sur la cécité. Je résistais bien sûr, mais finis par m'incliner. Je me devais de relier l'esprit au cœur...
Je réalise alors oh combien tu étais succube, non par méchanceté mais par désir maladif. Mes doigts, mon ventre, mon nez, mes yeux avaient été, tout comme l'esprit, sucé à la moelle, à l'os. Je n'ai su résister aux charmes envoutants des grâces délicates des courbes du corps. Ais-je eu tort ? Oui et je l'ai su dès que je posais la main sur toi...
Aujourd'hui, dans la fumée de la cigarette, le nez au vent du Nord, les yeux posés sur la mer, la main tenant l'enfant, je rêve de ma liberté toute acquise. Comme une mauvaise nuit, longue comme un cauchemar, je souris de nouveau à la divine lumière. Sans grimaces, sans intérêts, sans désirs, sans folies... avec juste le calme d'une brise légère soufflant sur une mer douce aux premiers jours chauds d'un printemps.
Je suis à quelques pas du précipice et je te regarde, enroulant notre liaison au-dessus de toi pour reprendre ce qui t'appartient, t'en retourner dans un sens opposé sans jamais regretter. Le vide tout autour et ses nuances grisâtres appellent au silence profond et respectueux. Dans l'espace, il n'y a que la lumière qui voyage. Pas un son, pas une odeur, pas une émotion. Juste des rayons... blancs et étincelants... dans tout les sens.