
Ce soir, je suis allé couché mon fils chez mes parents. Le crucifix qui orne sa chambre me rassure un peu. Toujours. Enveloppé dans des draps propres et ferrés, mon ange dormira doucement dans la quiétude d'un foyer vieux de presque 40 ans. Aux yeux d'un père, tout cela est touchant et vrai. J'aime cette douceur de la vie. J'en suis recouvert depuis longtemps. Aujourd'hui, je dois survivre et attaquer. Je vous hais. Messieurs, Mesdames, je vous hais. Car vous ne m'aimez point. Je n'ai rien fais pour être aimer et je ne ferais rien dans ce sens tuant, éreintant. Je ne plais jamais. A quiconque. Malgré mes efforts, les femmes tournent autour de ma mort désirant un saint supplice. Je ne suis pas le seul, ni le plus fort, mais je suis unique. Au nom de ma personne et de mon nom. Et je garderais tout, pour moi même. Je partagerais un peu avec ma progéniture, mais elle n'en voudra pas... ou peu. Elle ? il, bien sûr ! Ca vous étonne ? Ah, ah, ah... Petite ordure... Je te réunis sous un seul mot... au singulier. Tu ne mérites que ça !
J'eus aimé vivre sous de meilleurs saluts. Mais toi, mon Dieu, tu as eu la folie de tenter l'unique, ton fils, et d'accepter son sacrifice pour sauver l'humanité. Je n'ai pas la force d'un dieu. Je n'ai pas la force du père de nos pères. Je ne pourrais sacrifier mon fils, et je sais que c'est une erreur monumentale. Mais depuis Blanqui et sa suite, je ne distingue plus le fils du père... Pourtant, dans un Un, il y a la même quantité de larmes, et je suis sûr que mon coeur est plus cruel que mon fils. Aussi, mon eau est plus précieuse. Mais mon fils est plus fort que moi car plus aguerri. Alors, dois-je me crucifier ? et pour quel autel ? je ne sais pas. Mais je t'aime.

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